Patrick Fiori et Béna­bar: qui se ressemble s’assemble

Publié le Publié dans Presse 2014

Deux stars, deux parcours, mais de nombreux points communs.

  

> Des racines corses

 

Gala: Vous êtes tous les deux d’ori­gine corse. Que pensez-vous avoir en commun avec les habi­tants de l’île?
Béna­bar: Il y a beau­coup de clichés sur les Corses. Mais disons qu’on est tous les deux très famille et qu’on a le sang un peu chaud. J’étais un enfant colé­reux. Je travaille dessus, mais j’en ai gardé des restes. Il m’ar­rive de casser des choses sous le coup de la colère. Des portables, une impri­man­te… Ou ma balance, ce matin, en voyant qu’en faisant du sport et en mangeant des graines j’avais trouvé le moyen de gros­sir!
Patrick Fiori: J’ai moi aussi le sang chaud. Je peux gueu­ler assez faci­le­ment, mais je ne casse rien!

 

Gala: Vous êtes néan­moins de nature plutôt discrè­te…

 

B: Patrick et moi, on ne cherche pas à atti­rer l’at­ten­tion quand on entre dans une pièce. Vrai­ment pas. Je ne me cache pas derrière des lunettes et un bonnet, mais ça m’em­bê­te­rait de provoquer des émeutes. Je n’ai jamais été un chan­teur à grou­pies. J’ai sapé toutes mes chances dès le début en chan­tant Y a une fille qui habite chez moi. (Il rit.) Mais ça me va bien, car c’est le côté de la célé­brité que j’aime le moins.
P.F.: Je tiens aussi à ma discré­tion, et je protège énor­mé­ment, voire trop, les gens que j’aime. Vous ne me verrez jamais poser avec ma femme et mon fils (Sevan, quatre ans, ndlr) dans un maga­zine.

 

> Ce sont deux grands angois­sés

Gala: Vous arrive-t-il encore, à l’un comme à l’autre, d’être paniqué à l’idée de déce­voir le public?
B.:Je ne suis pas un grand fan de ce que je fais. Ça me passionne, je le fais du mieux que je peux, je reven­dique toutes mes chan­sons, mais je suis assez critique envers mes morceaux. Il y a des moments où je me dis, avant une tour­née: «Faut pas que je chante, les gens vont s’em­bê­ter, ça va être horrible. Mieux vaut annu­ler.» Ma grande peur, quand je sors un nouvel album, est que mes chan­sons ne parlent qu’à moi.
P.F.: Quand je suis en studio, j’ai toujours l’im­pres­sion d’être le roi du monde, d’avoir révo­lu­tionné la musique. Et quand j’en sors je me dis: «Mon Dieu, qu’est-ce que c’est mauvais!» Heureu­se­ment, il y a quelques personnes autour de moi qui savent trou­ver les bons mots dans ces moments-là.
Gala: Et avant de monter sur scène, l’an­xiété est aussi forte?
B.: Je suis très angoissé, mais je ne suis pas traqueur. Il n’y a que quand il m’ar­rive de chan­ter pour prendre un chèque que je peux avoir le trac, car je ne suis pas très à l’aise avec ce que je fais.
P.F.: Moi je me liqué­fie avant un show. Il m’est arrivé de partir en courant et de me faire rattra­per par mes régis­seurs, c’est véri­dique. J’ai l’im­pres­sion de mourir, qu’on est plusieurs dans mon ventre. C’est terri­fiant… et ça dure trois chan­sons. C’est pour ça qu’en prin­cipe je démarre mes concerts dans l’obs­cu­rité, pour qu’on ne voie pas l’ex­pres­sion de mon visage tota­le­ment crispé. Je me demande ce que je fous là tout en essayant de me concen­trer sur mes textes, et ça passe géné­ra­le­ment à la quatrième chan­son.

 

> De bons pères de famille

Gala: Mariés tous les deux, vous semblez avoir trouvé l’équi­libre grâce à votre vie de famil­le…
B.: J’ai rencon­tré Stépha­nie il y a quinze ans, on s’est mariés il y a trois ans, alors qu’on avait déjà deux enfants (Manolo, 9 ans, et Ludmila, 4 ans). Pour nous c’était plus l’idée d’une vali­da­tion d’un amour qu’autre chose. Ma femme a beau­coup de recul par rapport à mon métier, j’ai­me­rais bien qu’elle me regarde avec des yeux un peu plus admi­ra­tifs parfois d’ailleurs! Je crois qu’elle aime bien mes chan­sons, elle vient de temps en temps me voir en concert avec les enfants, mais ça ne la fait pas déli­rer. Ça faci­lite pas mal les choses fina­le­ment, ça me permet de couper quand je rentre à la maison.
P.F.: Ma femme est maman, femme, auteur… et surtout excep­tion­nelle. Elle écri­vait beau­coup avant notre rencontre mais elle n’avait jamais osé se servir de ses textes alors qu’elle a un putain de talent. Du coup elle écrit pour moi main­te­nant. Je lui dois Perdu connais­sance et Je crois me souve­nir de toi sur mon précé­dent album, et Elles se disent et Choi­sir sur le dernier.
Gala: Vous décri­vez l’un et l’autre la pater­nité comme une petite révo­lu­tion…
P.F.:J’ai commencé à exis­ter le jour où mon fils est né. Je ne savais pas qu’un tout petit truc comme ça pouvait tout remettre à plat. J’ai trouvé la place du père que je cher­chais. Je viens d’une grande famille, faut que ça bouge, qu’il y ait du monde. J’étais prêt depuis long­temps.
B.: Un artiste est forcé­ment un peu égocen­trique, avoir un enfant permet aussi de décou­vrir qu’il y a quelqu’un de plus impor­tant que nous sur terre.

 

> Le sens de la fête et de l’ami­tié

Gala: À quarante ans passés, vous vous êtes assa­gis mais n’avez pas aban­donné les virées entre potes pour pour­tant…
B.: Il faut s’ac­cro­cher à ses restes d’ado­les­cence, sinon on devient fou. C’est une sorte de soupape. Ma femme le comprend parfai­te­ment. Je trouve ça même assez sain de pouvoir s’échap­per par moment de son rôle de mari et de père de famille, d’avoir des moments pour soi. C’est très utile l’ami­tié, ça fait un bien fou. Il ne faut surtout pas se priver de ça.
P.F.: L’ami­tié est un bien aussi précieux que l’amour. Ça fait partie de mon équi­libre. J’ar­rive toujours à trou­ver du temps pour mes potes, il ne faut pas les aban­don­ner quand on se case. Mon épouse aussi, heureu­se­ment, le conçoit parfai­te­ment.

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