Bénabar : “La simplicité que je cherchais depuis longtemps”

Publié le Publié dans Presse 2014

Son septième album est le plus abouti dans sa recherche de la simplicité. Une quête vieille de près de vingt ans de scène pour Bénabar.

Pourquoi avoir titré ce nouvel album « Inspiré de faits réels » ?
« Il y avait le goût de la formule, je trouvais ça amusant et efficace. Et puis il y avait cette volonté d'assumer ce que j'ai toujours fait : de parler de choses contemporaines. »
Ce septième album marque-t-il un tournant dans votre carrière ?
« Je me pose la question mais je pense que ça termine un chapitre même si ce ne sont pas non plus des sujets qui me passionnent. Je n'aime pas réfléchir à ma propre carrière, j'essaie d'avancer le plus simplement possible. »
Vous ne vous retournez pas sur votre passé ?
« J'ai eu le sentiment – et je n'étais pas le seul – que cet album s'était fait dans des conditions très maîtrisées. J'ai beaucoup travaillé dessus, ça a été très laborieux mais pas du tout fastidieux. Les choses se sont faites très simplement. Donc ça m'a convaincu que j'étais peut-être arrivé à faire quelque chose que je voulais faire depuis longtemps. Et les retours que j'en ai depuis quelques semaines confirment cette espèce de simplicité que je recherchais depuis longtemps. »
En 2015, vous fêterez vos vingt ans de scène. Vous y pensez ?
« Ça m'a surpris quand on me l'a dit. Je n'avais pas du tout comptabilisé et je n'ai pas du tout vu le temps passer. Je mesure le temps – déjà de pouvoir parler à un journaliste vingt ans après avoir commencé – mais ça ne me transporte pas plus que ça ! »
Que diriez-vous au « petit trentenaire » à qui vous fêtiez son anniversaire sur votre deuxième album, celui qui vous a fait connaître ?
« Je lui dirais que je ne me suis pas trop renié. Je dis ça sans complaisance. Je suis en paix avec moi-même. Je suis bien dans mes pompes avec des questionnements et des doutes mais je ne me suis pas trahi et n'ai pas encore trahi d'ami ! Ça viendra peut-être… Je n'ai pas balancé de copain au fisc encore ! »
A quel point cet album est-il autobiographique ?
« Mes chansons sont toutes autobiographiques ou, si elles ne le sont pas directement, concernent des choses que j'ai vues de près. Mais la chanson la plus autobiographique que je n'ai jamais faite c'est la Forêt je crois. »
Aimez-vous toujours autant faire des chansons avec pas grand-chose ?
« Oui, il y a la satisfaction comme les mecs qui font des animaux très complexes avec des ballons, de partir avec quelque chose qui paraît dérisoire a priori et d'en faire quelque chose. C'est très plaisant et très excitant. Ça fait marcher les associations. C'est un plaisir d'auteur, de partir de deux chiens qui se battent dans la rue… c'est excitant. »
Mais vous semblez toujours garder du recul…
« Franchement, je ne me prends pas au sérieux de nature… mais surtout parce qu'il n'y a pas de raison de se prendre au sérieux ! Moi, si je ne suis pas prétentieux, c'est par facilité ! »
On vous a critiqué pour vos chansons sur le quotidien, en oubliant parfois celles qui sont universelles. Vous y pensez quand vous écrivez ?
« Les critiques sont un problème que j'ai résolu depuis longtemps… même si je ne suis pas d'accord ! Des fois, j'ai envie de casser mon ordinateur quand je vois un mauvais papier mais c'est quelque chose que j'intègre. Ça ne compte pas du tout quand je travaille. Je ne cherche pas à plaire à quelqu'un, je ne suis pas opportuniste de nature donc je ne cours pas du tout après ça. Ça fait partie du jeu et j'admets les règles parce que je joue aussi à ce jeu. »
Existe-t-il des sujets que vous ne souhaitez pas évoquer ou estimez-vous ne pas avoir trouvé la bonne formule pour en parler ?
« C'est davantage chercher le ton. Je pense que tous les sujets peuvent être traités mais il faut qu'une chanson reste une chanson. Il ne suffit pas de traiter un sujet pour se faire plaisir, il faut que ça serve à quelque chose. Pour moi, la seule limite est de ne pas donner de leçon. Après on peut parler de tout mais on peut aussi traiter de grands sujets en faisant une chanson pourrie. Donc ce qui compte c'est que la chanson soit bien quand même. C'est le but. »

 

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