Benabar, quel entrain !

Publié le Publié dans Presse 2012

On peut vendre quelques millions d’albums et refuser de se reposer sur ses lauriers. Question de caractère. Et Bénabar en a. S’il fait des tournées, c’est pour le plaisir. « Etre rigoureux quand on a beaucoup d’énergie ce n’est pas facile », reconnaît cette bête de scène qui craint par-dessus tout de tomber dans la facilité. Ce banlieusard, père de deux enfants, ne se contente pas de chanter : il est aussi un acteur et un scénariste qui aime toujours parler de la vie sur le ton de l’humour. Avec huit albums à son actif, il est devenu un pilier de la « nouvelle scène française », avec un regret toutefois : « n’avoir pas encore fait un tube à la mélodie suffisamment accrocheuse pour entrer dans l’inconscient collectif ».

 

La meilleure manière de vous ruiner intelligemment ?
Acheter des choses en salle des ventes pour le plaisir de posséder des jolis meubles et de beaux objets. Je viens d’acquérir un superbe recueil des Fables de La Fontaine, illustré par Doré. Mon intérieur est truffé d’objets en tous genres !
Qui admirez-vous ?
La Fontaine, justement, pour la justesse de ses propos, la qualité de son écriture et son incroyable intelligence.
Dernier livre lu ?
Le portrait que Stefan Zweig a fait de Joseph Fouché, personnage incroyablement manipulateur, formidablement opportuniste, détestable mais génial dans l’accomplissement de sa propre fortune. Presque un voyou !
Quel est votre héros préféré dans la fiction ?
Un personnage dont j’aime suivre les aventures avec mes deux enfants : Homer Simpson. J’adore son côté papa déglingué, incroyablement humain et drôle. N’y voyez aucune analogie avec moi, je suis bien moins à l’ouest que lui !
Les albums de musique que vous emporteriez pour un WEEKEND à la campagne ?
Probablement le nouvel album de la Grande Sophie, mais aussi le disque qu’un copain, Alexandre Tharaud, a consacré à Scarlatti, La Jeune Fille et la Mort de Schubert et enfin, parce que je suis dans une grande période « variété italienne », Adriano Celentano.
La scène de cinéma que vous pourriez regarder en boucle ?
Sans hésiter, dans Vincent, François, Paul et les autres, la scène d’engueulade à table
où Piccoli sort de ses gonds.
L’hôtel où vous pourriez vivre ?
Le Normandy à Deauville. J’aime beaucoup les palaces et celui-là a un côté familial. Comme l’Hôtel du Palais, à Biarritz.
Vos restaurants préférés ?
Chez Thoumieux, rue Saint-Dominique, à Paris, que ce soit la brasserie ou le restaurant gastronomique. Dans le même quartier, le VIIe, j’apprécie Le Violon d’Ingres, et, dans le sud de Paris, La Régalade, haut-lieu de la « bistronomie ».
Votre vue préférée ?
Les jardins à la française. Leur côté zen me repose. Comme pour l’écriture, je suis impressionné par leur structure, et le fait que leur harmonie et leur dessin ont été très pensés.
Le plus grand interdit que vous ayez transgressé ?
Mon côté rebelle n’est pas allé assez loin dans la transgression !
Quel est votre mauvais goût ?
Musical, diront certains journalistes !
Un chef-d’oeuvre de la littérature qui vous tombe des mains ?
Du côté de chez Swann, évidemment trop long. Chaque fois que je le commence, je me dis : « Je ne vais jamais y arriver ! »
Avez-vous une hygiène de vie ?
Du sport et de bons repas. J’essaie de trouver un équilibre entre le jogging et la gastronomie.
La boisson qui vous rend meilleur ?
Le vin rouge. Plutôt bordeaux, mais je n’ai pas de règle impérative. Ce peut être un vin de Loire. Et, au bout de plusieurs bouteilles, peu importe l’origine, pourvu qu’on ait l’excellence…
Qu’aimeriez-vous réformer en vous ?
Ma propension à me jeter en permanence dans l’action. Cela empêche l’étude et la réflexion.

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