Benabar, le sincère

Publié le Publié dans Presse 2012
Le titre « politiquement correct » est-il autobiographique ou un cri de révolte ?
« Un peu des deux. À force d’entendre cette expression, j’ai ressorti les clichés qui me correspondaient. Je ne suis ni raciste, ni homophobe, ni antisémite, j’essaie d’être un peu écolo, mais avec ce petit cri de révolte sur les gens qui ne défendent pas le racisme mais attaquent l’antiracisme ».
Aborde-t-on toujours de la même façon la création d’un album ?
« Non. J’ai abordé cet album assez sereinement, mais l’écriture a été laborieuse. L’avenir dira si c’était un album charnière. Je sentais le besoin de ne surtout pas me répéter et que mon écriture ne ronronne pas, j’avais cette peur d’être dans un truc un peu confortable, une façon un peu bourgeoise de faire de la musique. C’est pour cela que j’ai énormément travaillé les textes ».
Le titre « Différents ? » dont les paroles sont très dures, est-ce un questionnement sur soi-même ?
« On est obligé de constater que les dictateurs, les monstres vivent comme nous, même Kadhafi a dû avoir un chagrin d’amour. Ils pensent autrement mais réagissent comme nous. Ce sont des humains même s’ils font des choses inhumaines ».

« Dire ce que je pense »

Quelle chanson aimeriez-vous que le public retienne de l’album ?
« Je fais mon album sincèrement en y mettant tout mon cœur, après, les gens en font ce qu’ils veulent. C’est comme un peintre qui expose sa toile : ils peuvent l’aimer ou la critiquer. Je ne me projette jamais dans le regard du public ».
La dérision et la justesse des mots, est-ce pour faire passer des messages ?
« Non je me méfie des messages, ça induit un peu le côté supérieur, le côté chanteur à messages m’a toujours gêné. En revanche, dire ce que je pense sans me censurer, sans racoler et être sincère, faire passer des émotions, raconter le monde tel que je le vois, oui ! »
Vous sentez-vous engagé politiquement ?
« Pas du tout comme chanteur. Je suis un homme de gauche mais je ne me sens pas du tout comme un chanteur de gauche, je dissocie l’homme et le chanteur et je ne parle jamais politique sur scène ni dans mes chansons directement, uniquement dans les interviews, car je trouve ça très bien et qu’il faut en parler ».
Les Enfoirés, que représentent-ils ?
« Une belle semaine passée à Lyon, plein de monde, j’espère que ça aura servi à quelque chose, que ça aura permis de ramener des sous pour que les gens puissent manger, car c’est le but premier. Je pense recommencer l’an prochain ».
Si vous deviez parrainer un jeune chanteur, qui serait-il ?
« Archimède, qui a fait ma première partie à Reims, Eric Toulis que je soutiens dès que je le peux et Barcella qui fait des supers chansons. Si je peux donner un coup de main à d’autres, je le ferai volontiers ».
Daniel BALBO

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