L’interview de Benabar

Publié le Publié dans Presse 2008
D’où vient le titre un tantinet antipathique de cet album ?
Y a pas vraiment de raison. Je voulais juste trouver un truc un peu percutant, qui attire l’oil. Cela dit, on me voit me marrer sur l’image, donc il y a un côté décalé et paradoxal que j’ai trouvé marrant. Et puis, pour tout vous dire. J’avais pas mieux! (rire).
En musique, quels sont pour vous les thèmes infréquentables ?
Je n’en ai pas vraiment. Tout dépend de la manière dont on les traite. On peut être facilement tenté de parler de politique et donner des leçons à tout le monde, en disant que le racisme, c’est pas bien. Mais il faut faire attention à ce qu’on fait et essayer d’apporter quelque chose en plus. Personnellement, c’est vrai que je parle très peu de politique ; j’ai peur de franchir cette barrière. La question que je me pose, c’est « qui suis-je pour dire aux gens ce qu’ils doivent penser ? ». Quand on émet une opinion, on donne toujours l’impression de devenir un militant. Et je ne me considère pas du tout comme un chanteur engagé.
Par contre, vous parlez d’écologie sur le titre L’effet papillon. La terre devient-elle infréquentable ?
J’espère que non. Aujourd’hui, on a tous l’air convaincus qu’il faut faire quelque chose. Avec L’effet papillon, j’enfonce une porte ouverte. On sait tous que si on ne change pas notre manière de vivre et de polluer, ça va très mal se terminer. Les discours écologiques d’aujourd’hui arrivent un peu tard, mais comme on dit, « mieux vaut tard que jamais. »
Vous avez tourné dans Incognito, qui sortira à l’été 2009. Avant cela, vous aviez déjà réalisé 3 courts métrages. Le cinéma, c’est plein de gens infréquentables ?
Franchement, je n’ai pas ce sentiment. Ok, y a des gens qui bossent dans des boîtes de production ou dans le showbiz qui le sont un peu. Mais sur un plateau de cinéma, tout le monde est là pour bosser et les choses se passent de manière très professionnelle. C’est comme en tournée: on bosse, y a des pépins, mais au bout de la journée, on s’endort épuisé. C’est un vrai boulot. Depuis que je fréquente le milieu du showbiz, je suis heureusement frappé de voir à quel point les gens sont tranquilles, contrairement à ce qu’on peut penser.
Et vous, à quel moment pensez-vous être infréquentable dans la vie ?
A quatre heures du matin en sortant du resto, je peux le devenir (rire). Sinon, dans le boulot, je suis quelqu’un d’un peu chiant et parfois capricieux. Mais j’évite de le montrer, en général.
Quels plateaux télés avez-vous du mal à fréquenter? On ne vous a jamais vu à la Star Academy.
Je n’ai pas de problème avec les émissions de télé: c’est important, il faut en faire. Mais ça fait partie des choses qu’il faut faire avec parcimonie. Il ne faut pas se montrer partout et avoir quelque chose à y faire, sans capitaliser une espèce de demi-célébrité toute pourrie. La Star Ac’? Je n’ai rien contre, mais je n’aime pas ce côté « arnaque aux sms ». Y a une sorte de chantage affectif entre les candidats et les spectateurs qui n’ont pas forcément une fortune devant eux. On leur dit : « si tu n’envoies pas un sms hyper cher, ton candidat préféré va quitter l’aventure ». Y a un truc qui me gêne là-dedans, je n’ai pas envie de cautionner ça.
Dans la chanson Malgré tout, vous dites « j’aimerais qu’on se souvienne de nous »: qu’aimeriez-vous que les gens que vous avez fréquenté retiennent de vous ?
Que je n’étais pas trop un salaud et que, humainement, je n’étais pas trop odieux. Par rapport à mes qualités de chanteur, je m’en fous: je veux juste que ça laisse des bons souvenirs à mes proches. De toute façon, autour de moi, j’ai une cour à mes pieds, avec plein de gens qui me flattent au quotidien. Tant pis pour mon ego, mais tant mieux pour ma santé mentale (Rire).
Dans vos fréquentations, y a-t-il encore des gens qui vous appellent Bruno Nicolini ?
Il n’y a personne qui m’appelle Bénabar, c’est juste un nom de scène. Certains m’appellent aussi Son altesse. Mais plus sérieusement, tout le monde m’appelle Bruno.
Vous adorez fréquenter Bruxelles. Avez-vous enfin réussi à la négocier avec le roi ?
Pas encore, non. Mais en ce moment, c’est un peu compliqué chez vous, donc je le laisse tranquille. Je n’ai pas envie d’ajouter de la confusion à la confusion. Je vous laisse régler vos trucs, puis j’irai renégocier Bruxelles avec le King.
Vous avez essayé de comprendre quelque chose à notre situation ?
Oui, bien sûr. On a déjà essayé de m’expliquer plusieurs fois. L’avantage de mon métier, c’est que je rencontre pas mal de journalistes, donc je me fais briefer. Cela dit, ça ne m’empêche de venir souvent chez vous. J’ai toujours plein de choses à y faire, même quand je ne chante pas et malgré le fait que je n’ai plus mon appartement près de Flagey. Mais là, j’ai surtout envie d’aller à Bruges.

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