Bénabar : « J’ai vraiment fait la guerre à mes habitudes »

Publié le Publié dans Presse 2008
Cet album est plus sombre...
J'en suis le premier surpris. Certaines chansons étaient parties pour être rigolotes et ont mal tourné.
Pourquoi Infréquentable ?
Je trouvais le mot marrant et assez efficace. C'est toujours utile de prendre du recul, mais en restant un chanteur, c'est-à-dire avec tout l'ego qui va avec.
Sur L'Effet papillon, vous aviez envie de tirer la sonnette d'alarme ?
Non, je n'ai pas cette prétention. En plus, je ne fais qu'enfoncer des portes ouvertes. Ce qui m'intéressait, c'était de revenir à la responsabilité qu'on a tous. Et je trouvais captivant de partir de quelque chose de très large (la banquise, les flux financiers...) et de redescendre vers le particulier. Une sorte de travelling avant, alors qu'en général, j'utilise le procédé inverse.
Vous avez mis le piano en sourdine...
Habituellement, je compose au piano et un peu à la guitare, même si je suis encore plus nul qu'au piano ! Cette fois, on a fait les maquettes à la guitare. J'ai des habitudes. Quand on est indulgent on appelle ça du style, mais c'est une forme de paresse. Je me suis vraiment fait la guerre là-dessus. Dès que je voyais que c'était un peu trop « du Bénabar », j'essayais de changer.
Pour la tournée, qui auriez-vous envie d'inviter sur scène ?
Des chanteurs, de Bashung à Renaud, et puis les copains : Cali, La Grande Sophie... Les reprises m'excitent peu, mais inviter des gens sur scène, c'est un vrai cadeau pour le public.
Vous vous lancez dans le cinéma dans le film Incognito, d'Eric Lavaine. Pourquoi ?
Je connaissais le réalisateur, l'histoire me plaisait beaucoup. Et l'occasion fait le larron. Cela va être une comédie assez tendre sur l'amitié, un thème très présent dans mes chansons. C'était passionnant de jouer, ça m'a beaucoup remué.
Le métier d'acteur pourrait-il vous détourner de la musique ?
Je n'imagine pas ne plus faire de chanson. Mais j'imagine très bien que les gens n'aient plus envie de les entendre.

Recueilli par Oihana Gabriel - ©2008 20 minutes

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