Inspiré de faits réels

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Paris by Night
Belle journée
Remember Paris
Titouan
La grande vie
Les deux chiens
La forêt
Coming In
Sur son passage
Le regard
Les couleurs
Gilles César

 

2. Belle journée

À verse, à torrent
Il tombe des cordes
Les arbres inclinent obséquieusement
Leurs cimes que les vents tordent
Une bourrasque, le froid, la grêle
Un orage déchaîné

Et je trouve que c’est une belle
Une belle journée
C’est une belle journée… pour pleurer

La météo a le sens
Des circonstances
S’il faisait beau
Ça friserait l’inconvenance
Je me sens sombre comme ce ciel
Tout autant tourmenté

Et je trouve que c’est une belle
Une belle journée !
C’est une belle journée… pour pleurer

Une éclaircie menace
Mais c’est vite arrangé
Un nuage obscur efface
L’inopportune percée
Dans le noir, je tousse et je gèle
À ma fenêtre accroché

Et je trouve que c’est une belle
Une belle journée
C’est une belle journée… pour pleurer

3. Remember Paris

Do you remember Paris?
We met on Île-Saint-Louis
I told you about the monuments
You made fun of my accent

Do you remember Paris?
I wasn’t good in history
To talk with you, to be usefull
Yes, I invented a little
I’m not sure that Paul Verlaine
Used to live by the Seine
And I still don’t know really
What is the Conciergerie

Do you remember Paris?
I told you : « Vous êtes jolie »
You had a city guide in hand
I had a few ideas in mind

Do you remember Paris?
A restaurant place Clichy
I chose the wine pretending
To know what I was doing

Do you remember me?
The next morning, Roissy !
We kissed goodbye, you took your plane
I never saw you again

Do you remember Paris?
Do you remember me?
Mon accent est toujours là
Et moi ? Moi, je me souviens de toi
Quand je m’balade au bord de la Seine
Je pense à une Américaine !

4. Titouan

Je cherche un appart dans le coin
Pour me rapprocher de Titouan
C’est au-dessus de mes moyens
Mais, pour l’instant, j’ai trois changements
Ça va, nos rapports s’apaisent
On se reparle avec Muriel
Je l’ai encore un peu mauvaise
C’est naturel !

Ça oui ! Je crois bien qu’c’est fini !
Ça non ! J’ai plus beaucoup de doutes
Depuis le jour où elle m’a dit :
« Je te quitte, j’en aime un autre »
Ajoutant : « J’veux plus te voir »
J’ai procédé par déduction
Je crois qu’elle voulait qu’on se sépare
Appelle-ça une intuition
Titouan ! Rends-lui son ballon !

J’arrive pas à tourner la page
Titouan, n’enlève pas tes chaussures
Eux, ils parlent déjà de mariage
Titouan, remets tes chaussures
Je me retrouve sur la touche
Sonné, misérable
Titouan, mets pas ça dans ta bouche
C’est crade et c’est plein d’sable

Elle est heureuse malheureusement
Ça saute aux yeux et c’est mon drame
J’étais quoi, moi, un figurant ?
Non, Titouan, elle est pas enceinte la dame !
Faudrait qu’j’accepte de l’rencontrer
Qu’est-ce qu’elle s’imagine franchement ?
Que je vais l’adorer ?
Mettre sa photo en fond d’écran ?
Titouan, j’te vois sur l’toboggan
Oui Titouan ! Je te regarde mon grand

Je me fous si c’est un mec bien
Le plus formidable des beaux-pères
Je trouve qu’on s’en passait très bien
On pourrait faire marche arrière
Revenir un dimanche matin
Tous les trois en famille
Elle aurait raté son entretien
Titouan ! Tire pas les ch’veux de la p’tite fille

Faudrait que je passe à aut’chose
J’essaie de pas lui montrer

Ça me fait mal quand je dépose
Titouan sur mon ancien palier
Je sais qu’il faut que j’abandonne
Tiens, il commence à pleuvoir
Non ! Moi, je vois personne !
On va y aller trésor…
Titouan, on y va mon trésor !

5. La grande vie

T’as l’air malin
Avec tes fleurs
Qui n’ont pas trouvé preneuse

T’as l’air de rien
Bouquet de pleurs
T’es au plus bas et tu creuses

Mais lorsque les bras ouverts
Tous les feux passent au vert

C’est la grande vie
Le sacre des amants
Qui justifie
Tous tes chagrins d’avant
Alors là ! Oui ! Ça ressemble à quelqu’chose
Alors là ! Oui ! Ça les vaut toutes les roses !

La grande vie
Le sacre des amants
Le ralenti
Que tu attendais tant
À toi les honneurs !
À toi la gloire !
Tous les bonheurs
De la victoire
T’es un héros…

Tu as l’air bête
Devant sa porte
Qui reste bel et bien fermée

C’est clair et net
Vaut mieux que tu partes
N’insiste pas, ça ferait qu’empirer

Tu fais demi-tour quand soudain
Un bruit de serrure te retient

C’est la grande vie
Le sacre des amants
Qui justifie
Tous tes chagrins d’avant
Alors là ! Oui ! Ça ressemble à quelqu’chose
Alors là ! Oui ! Ça les vaut toutes les roses !
La grande vie
Le sacre des amants
Le ralenti
Que tu attendais tant
À toi les honneurs !
À toi la gloire !
Tous les bonheurs
De la victoire
T’es un héros…

T’es un héros…

La grande vie
Le sacre des amants
Qui justifie
Tous tes chagrins d’avant
Alors là ! Oui ! Ça ressemble à quelqu’chose
Alors là ! Oui ! Ça les vaut toutes les roses !
La grande vie
Le sacre des amants
Le ralenti
Que tu attendais tant
À toi les honneurs !
À toi la gloire !
Tous les bonheurs

De la victoire

La grande vie
Le sacre des amants
Qui justifie
Tous tes chagrins d’avant
Alors là ! Oui ! Ça ressemble à quelqu’chose
Alors là ! Oui ! Ça les vaut toutes les roses !

La grande vie
Le sacre des amants
Le ralenti
Que tu attendais tant
À toi les honneurs !
À toi la gloire !
Tous les bonheurs
De la victoire
T’es un héros…

Que reposent les vieilles défaites
Parce que ce soir, ce soir, c’est soir de fête !

La grande vie !

6. Les deux chiens

Qu’est-ce qu’il a ce petit chien
À provoquer ce gros chien
Il sautille, il aboie
Mais il ne fait pas le poids

Il grogne de toutes ses dents
Sauf qu’il n’est pas de taille
Il a beau prendre son air méchant
Le gros chien il bâille bye

Un petit chien contre un bulldog
C’est au mieux du suicide
Ou les effets d’une drogue
Dans les deux cas, c’est stupide

Il s’attaque à trop costaud
Ce petit chien est téméraire
Il finira de jouer les héros
Chez son vétérinaire

Si l’autre s’énerve, il l’éclate
Il le décalque, il le fume !
Il suffirait d’un coup de patte
Pour l’envoyer sur la lune

Le petit manque pas d’panache
Le gros se prépare pour l’attaque
C’est vrai qu’il passerait pour un lâche
Vu que l’autre lui met des p’tites claques

Un tel acharnement s’explique
Y a forcément une raison
D’ailleurs ils s’aboient des trucs
Mais je comprends pas, y sont trop loin… et d’ici j’entends pas bien !

Est-ce une rancune ancienne ?
Qui r’monte à quand ils étaient chiots
À moins que ce soit à cause d’une chienne ?
Allez savoir avec les animaux !

J’ai peur qu’ils ne s’entretuent
Il faudrait que je m’interpose
Mais y sont déjà torse nu
Et se montrent leurs gencives roses

Les voilà prêts pour la bagarre
Ils se défient du regard
Et se grognent des trucs sur leur mère
Que j’peux pas répéter, c’est trop vulgaire !

Miaou ! Miaou ?

Un chat qui passe par là
D’un coup les réconcilie
Ils en oublient leur combat
Et se jettent à deux sur lui
Mort le chat !

La morale, s’il en faut une
C’est plutôt un constat amer :
La haine est la meilleure cause commune
Qui rapproche les ennemis d’hier
C’est une morale qui fout le moral en l’air

7. La forêt

Je faisais ce rêve enfant
Je m’éloignais de la clairière
Pour pénétrer ce bois devant
Plus j’avançais, moins j’y voyais clair

Je m’égarais seul dans le noir
M’enfonçant je devinais
Le rêve avait viré cauchemar
Puisque personne, personne, ne me cherchait

Dans cette forêt, j’y suis encore
De cette forêt est-ce qu’on en sort ?
Guet-apens sombre végétal
Obscure et verte cathédrale
Écrasante et sale

Dans cette forêt, il y a des gens
Qui progressent comme moi difficilement
Dans ce tricot de branches savantes,
De ronces, de racines rampantes

Si menaçantes
Si menaçantes

Dans ce cauchemar d’enfance
Le lierre retenait mes cris
Je tremblais de peur sans défense
Blotti, grelottant pour la nuit

Parmi ce peuple indifférent
D’arbres, de feuilles, de vent
J’avais perdu ma propre trace
Depuis je sais que quoi que je fasse

Dans cette forêt, j’y suis encore
De cette forêt est-ce qu’on en sort ?
Guet-apens sombre végétal
Obscure et verte cathédrale
Écrasante et sale

Dans cette forêt, il y a des gens
Qui progressent comme moi difficilement
Dans ce tricot de branches savantes,
De ronces, de racines rampantes
Si menaçantes

Dans cette forêt, j’y suis encore
De cette forêt est-ce qu’on en sort ?
Guet-apens sombre végétal
Obscure et verte cathédrale
Écrasante et sale

Dans cette forêt, j’y suis encore
De cette forêt est-ce qu’on en sort ?

8. Coming In

Surpris ! C’est pas le mot
C’est plutôt stupéfait
J’ai beau tomber de haut
Anthony, je ne mets

Pas ta parole en doute
Non, tu n’es pas un menteur
Ton coming out
J’y ai cru tout d’suite d’ailleurs

Mais c’était y a longtemps
Ça n’a surpris personne
C’que tu balances maintenant
Franchement ça m’étonne !
J’apprends sans ménagement
C’est pas une broutille
Que mon copain homo maintenant
En fait il aime les filles

Coming in, coming in

Pourquoi tu l’as pas dit plus tôt ?
Comment ça tu redoutais
De perdre ton boulot
De coiffeur dans le Marais ?

Bah ça ! C’est juste un cliché
Mon salaud t’apprends vite
T’es pas non plus obligé
De nous ressembler tout d’suite

Les femmes, c’est compliqué
Crois-moi, fais un effort
Tu ne vas rien gagner
À changer de bord

Un mec, c’est plus honnête
Plus intelligent aussi
Le seul problème en fait
C’est que c’est moins joli

Coming in, coming in

Tu vas faire des ravages
Beau gosse comme tu es
C’est pas notre avantage
Avec tout le sport qu’tu fais
D’ailleurs, tes copains gays
Qu’est-ce qu’ils en pensent ?
De ton doux secret
De ta différence ?

T’es amoureux d’une femme
Ça, c’est un mal nécessaire
Si tu n’aimes pas les dames
Hétéro, ça va pas te plaire !
Tu as l’air emmerdé
C’est quoi le petit problème ?
D’accord, j’ai deviné
Cette femme, c’est la mienne !

Coming in, coming in

9. Sur son passage

Elle savoure
Le regard des hommes

Leur demi-tour,
Leurs yeux qui klaxonnent
Spécialement quand elle les croise au bras de leur femme
Que d’un mouvement furtif, ils s’auto-crament !

Elle s’amuse
Ils se dévissent le cou
C’est la muse
Qui inspire les époux

Hypnotisés, bouche bée, par ses courbes bavardes

Elle se doute que c’est pas sa nuque qu’on regarde

Elle est belle, elle le sait
Comment lui en vouloir !
Si un jour elle en doutait
Il suffirait de nos regards

Elle se délecte
Quand monsieur se reprend
Un peu bête
Carbonisé par maman

Qui fait semblant, bonne joueuse, de prendre avec humour
L’œillade aussi discrète qu’un roulement de tambour

Elle déguste
Poursuivant sa route
Et s’incruste
Dans les pensées du couple

Pas peu fière de faire l’objet toute l’après-midi
De reproches déguisés en ironie

Elle est belle, elle le sait
Comment lui en vouloir !
Si un jour elle en doutait
Il suffirait de nos regards
Sur son passage
Sur son passage

Si j’étais une jolie fille, je crois
Que j’en f’rais baver des gars comme moi !
Indifférente à mes blagues
Hermétique à mes douteux plans-drague
Je ne répondrais jamais à mes textos
Pour commencer, j’me donnerais même pas mon numéro

Elle savoure
Le regard des hommes
Leur demi-tour
Leurs yeux qui klaxonnent

Spécialement quand elle les croise au bras de leur femme
Que d’un mouvement furtif, ils s’auto-crament !

Elle est belle, elle le sait
Comment lui en vouloir !
Si un jour elle en doutait
Il suffirait de nos regards
Sur son passage

Sur son passage

10. Le regard

Mais lorsqu’elles nous adressen
Sans le vouloir d’ailleurs
Ce regard qui transperce
On en sait la valeur
Parce qu’il leur échappe
Parle de lui-même
Et parce qu’il ne frappe
Que celui qu’elles aiment

On l’avait déjà vu,
Ce regard qu’on convoite
Souvent au début
Nettement moins par la suite
Il s’était fait rare,
C’est sûrement de notre faute
Et on ne veut pas le savoir
S’il fut donné à un autre

Célébrons son retour
Il ne fait que passer
Raison de plus alors
Pour en profiter
L’œil est un dépotoir,
On voit tellement d’saleté
Quand on reçoit ce regard
Que les yeux soient loués

Parce qu’on le voit moins
Parce que les couples s’installent
Faut dire qu’on est loin
D’être l’homme idéal
L’espace d’un instant,
C’est ainsi qu’elles nous font
Dans l’espace en suspens
Leur déclaration

Et du bout des yeux
Elles murmurent que même si
Elles méritaient mieux
C’est nous qu’elles ont choisis
Malgré c’qu’on est devenus
L’usure et tout ça
Et les malentendus
Elles ne regrettent pas leur choix

C’est même le contraire
Elles t’aiment, c’est comme ça
D’un battement de paupière
Pour une fois, tu la crois
C’est la pure vérité
Comme deux et deux font quatre
Nature et spontanée
Comme on bâille au théâtre

Mais lorsqu’elles nous adressent
Sans le vouloir d’ailleurs
Ce regard qui transperce
On en sait la valeur
Parce qu’il leur échappe
Parle de lui-même
Et parce qu’il ne frappe
Que celui qu’elles aiment

11. Les couleurs

Rouge
Qui monte aux joues quand on la gêne
À lèvres qui finit sur les miennes
Le tapis rouge, je lui déroule

Jaune
Comme son rire un peu gêné
Week-end pluvieux, jaune le ciré
Une plage du Nord, y avait pas foule
Les pieds mouillés, le chien maboule

Elle m’en fait voir d’toutes les couleurs
La totalité de l’arc-en-ciel
Le nuancier de ses humeurs

Bleu
Les hématomes de nos reproches
Quand on s’fait mal, quand on s’amoche
Peur bleue de la perdre si forte

Vert
Comme ses yeux qui tirent un peu
Vers le kaki quand on r’garde mieux
Verte de rage quand elle s’emporte
Envers, contre tous, elle m’emporte

Elle m’en fait voir d’toutes les couleurs
La totalité de l’arc-en-ciel
Le nuancier de ses humeurs
Quand elle s’absente trop longtemps
J’vois tout en noir, je broie du blanc
J’suis transparent
J’suis transparent

Rose
Je vois la vie en rose parfois
Quand elle me parle tout bas
Sauf qu’Édith Piaf chante pas tout l’temps
Édith Piaf chante pas tout l’temps

Elle m’en fait voir d’toutes les couleurs
La totalité de l’arc-en-ciel
Le nuancier de ses humeurs
Quand elle s’absente trop longtemps
J’vois tout en noir, je broie du blanc
J’suis transparent

J’suis transparent

Elle m’en fait voir d’toutes les couleurs
Elle m’en fait voir d’toutes les couleurs
Elle m’en fait voir d’toutes les couleurs

12. Gilles César

Son prénom, c’était Gilles
Jusque-là rien de bizarre
Sauf que son nom de famille
C’était César

Mi-célèbre mi-anonyme
Il en avait marre
De son fameux patronyme
Gilles César !

À une lettre près
Il était empereur romain
Comme quoi ce qu’on dit est vrai
À quoi ça tient… le destin ?

Gilles César
À l’école, était nul
En invasion et en latin
Donc son nom ridicule
Ne servait à rien
Si ses parents au berceau
Avaient réfléchi deux secondes
Ils l’auraient appelé Bruno
Comme tout l’monde

Gilles César
Seul son meilleur ami
Comprenait sa douleur
Il avait le même souci

Henri Potter
Henri, Harry, franchement
Y a pas grande différence
Bah si ! Justement !
Et d’importance !
Entre un petit sorcier
Intrépide et téméraire
Et un agent immobilier
Quadragénaire
Henri Potter

Gilles César
Avait un autre copain
Mais ils étaient fâchés à mort
Faut dire que c’était pas un mec bien : Marc Vador
C’est pas qu’il avait mauvais fonds
Il était même mignon petit
C’est juste qu’il était devenu méchant

Mais enfin bref, cette chanson, elle parle pas d’lui !

Gilles rencontra grâce à Henri
Une femme qui lui plut
Elle avait comme lui
Un nom presque connu
Mademoiselle Moreau
Marilyn de son prénom

Comme Marilyn Monroe
Enfin pas loin !
De toute façon, c’était pas vrai
Elle s’appelait Christelle, en fait
Et depuis toujours elle rêvait

D’un prénom de vedette

Gilles épousa Marilyn
Et Henri fut leur témoin
Ma chanson qui se termine
J’espère au moins qu’elle était bien !
Gilles César

Une réflexion au sujet de « Inspiré de faits réels »

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