La p’tite monnaie (BÉNABAR ET ASSOCIÉS)

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assosierAu départ, il ne pense pas chanter. Jusqu’à ce qu’il se prenne au jeu, entraîné dans le duo Patchol et Bénabar. Son pseudo s’impose alors à lui par l’emploi en verlan du nom de clown Barnabé.

Le duo tourne et c’est en 1996, au cours de concerts parisiens, il croise ceux qui vont très vite devenir ses “associés” : Denis Grare au saxo, accordéon et aux choeurs, Vincent Schaeffer, trompette et trombone, Pascal Vignon, batterie, Stéphane Benveniste, contrebasse. Le répertoire se monte, le nom se fige Bénabar et Associés, le groupe se professionnalise, lui au chant et au piano.

Leur premier album, “La Petite Monnaie” sort en janvier 1998 chez Zébuth, label indépendant. Un succès confidentiel soutenu par des concerts dans toute la France. Médiatiquement, l’enthousiasme est bien présent et le groupe peut compter sur le soutien de nombreux diffuseurs, France 3 nationale et régionale, MCM, Europe 1, France Inter, les locales de Radio France, Fip… Lors de leur passage à Paris, ils écumeront quelques-unes unes des belles salles de la capitale, L’Européen, Le Café de la Danse ou Le Cabaret Sauvage.

Depuis 1997, pas loin de 275 concerts dans des conditions précaires pérennisera la formule “Qui n’a pas dormi avec 6 musiciens dans une chambre d’hôtel Formule 1, ne peut savoir ce qu’est la Préhistoire.”

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LA P’TITE MONNAIE

 

ADOLESCENTE

 

majordome

 

alix et felix

 

TOUT VA BIEN

 

Le chien

 

ADVIENNE QUE POURRA

 

le 115

 

MÉLANIE PATTERSON

 

CANNIBALE

 

les ricochets

 

la valse

 

(titre cache)

 

LA P’TITE MONNAIE

 

Un joyeux brouhaha, un chaleureux chahut
Nous retient autour d’une table, la peau du ventre bien tendue
Les vieux finissent l’eau-de-vie, tandis que les jeunes mangent leur pain blanc
En chatouillant les petits qui s’étouffent en rigolant…

Les repas le dimanche midi
Comme j’sais plus qui disait…
Le bonheur ça se trouve pas en lingots
Mais en p’tite monnaie

Une forte tête blonde termine sous la menace
Ses minuscules dés de viandes, en faisant la grimace…
Il en donne un sur deux au chien… moi j’y vois clair dans son petit jeu
Il me supplie du regard, alors je ferme les yeux !

Le bébé en bout de table, sur sa chaise d’arbitre
Surveille d’un oeil abstrait l’arbre généalogique
Dire qu’on vénère tellement ce petit incontinent
La grand-mère l’embrasse en rital… j’vous jure que c’est mieux avec l’accent !

Ca me rappelle quand on était gamins
On faisait nos prières en italien…
J’ai longtemps cru que dieu était rital
Maintenant je sais qu’il est américain !

On fait des dunes de sel pour aspirer les tâches
De vin rouge renversé, et des sujets qui fâchent
Les vieux souvenirs de vacances roulent sur la nappe, les miettes de pain
Les blagues plutôt grivoises slaloment entre les bouteilles de vin.

La prune, la poire, la cerise, on va siroter tout le verger !
Le grand-père sort les cigares… et se les fait tous taxer ! Morceaux de sucre dans l’alcool… raffinement de gastronome
C’est la chasse au canard dans le marc de Bourgogne !

 

Adolescente

Ta mère t’avais dit : “demande ce soir à ton père”
Il a répondu non, évidemment, comme pour le scooter
T’as eu beau plaider que tes copines l’ont déjà depuis longtemps
“Le téléphone dans la chambre : c’est non !”

Tu quittes la table en hurlant, vivement que t’aies 18 ans
Ca y est ton père s’énerve, t’as gagné, tu peux être contente
“Avec ta mère, on se serre la ceinture toute l’année
Et mademoiselle en plus, voudrait une ligne privée !!”

Tu claques la porte de ta chambre, couverte d’autocollants
“Do not disturn” des hôtels accroché à la poignée
Tu sors de sa cachette, ton journal intime
Aussi bien planqué qu’un livre de fion dans la piaule d’un garçon.

Derrière la couverture, genre David Hamilton
Tu racontes entre deux larmes, qu’un jour tu vas fuguer
Tu sors d’une autre cachette, un paquet de cigarettes
Hyper light mentholées que tu fumes à la fenêtre.

Mais, il y a Ludovic, et il t’aime et tu l’aime
Ca fera un an dans 10 mois que vous sortez ensemble
Et même s’il a tellement de boutons, qu’on dirait un clafoutis
Tu peux trop rien dire,… des boutons, t’en as aussi !

C’est vendredi dernier, que ta vie a basculée :
T’avais dit à ta mère que tu dormais chez Stéphanie
Manque de bol, Stéphanie a appelé :
Elle voulait savoir ce que tu faisais pour la soirée.

A 5 heures du matin, quand t’es rentrée sans bruit
Surprise ! Tes parents t’avaient attendus toute la nuit
Ils ont remarqué tout de suite que t’étais plus la même…
Ta mère a pleuré : “Ma fille est une femme !”

Bizarrement, ils t’ont paru moins vieux
Mais toujours aussi cons : pas question de pleurer devant eux
Ta mère a demandé : “t’as pris tes précautions ?”
Ton père a crié : “Mais il s’est tapé ma fille ce p’tit con !!”

Il a fallu vous mettre à deux pour l’désarmer
Il était encore furieux, mais ne parlait plus d’l’émasculer…
Pour penser à autre chose il a rangé trois fois le garage
Il a tondu le jardin… et celui du voisin.

 

Majordome

Laisse-moi rester avec toi
Tu ne regretteras pas, je me ferai tout petit c’est promis
Je serais votre majordome,
Fais comme si j’étais pas là … comme quand tu penser à lui.

Je saurais me rendre utile,
Je vous ferai la cuisine, les carreaux, la vaisselle, et je sortirai le chien,
Vous pourrez vivre heureux sans tous ces soucis futiles,
T’auras qu’à te dire que je suis Tamoul ou philippin.

Même si ton amant me répugne,
J’tenterai rien contre lui, je serai souriant et discret.
Si j’essaye de l’égorger, n’y vois là aucune rancune,
C’est sans faire exprès.

Le soir après mon service,
Je partirai sans bruit, pour qu’il mette au lit … ou ailleurs.
Tu retourneras sans moi à nos soirées de jadis,
Je cacherai ma douleur de peur que te me renvoies.

Je lui achèterai des fleurs … pour qu’il puisse te les offrir,
Je lui les dirai mots qu’il doit, et ne doit pas dire
Je veux pas aider ce connard à te conquérir,
Mais ton bonheur est le plus cher de mes désirs.

Embauche-moi comme majordome.
Il te rendra heureuse grâce à tous mes conseils.
Et que le bon dieu me pardonne …
Si je l’étouffe dans son sommeil.

Pense à la joie de ton amant,
Son rival transformé en fidèle domestique !
Mais qu’il prévoit des pansements,
Et une chambre à la clinique.

Faut quand même pas me prendre pour ce je suis …

 

Ali Et Félix

Une avalanche de légumes en façade

Opulence affichée, comme une barricade
Petit homme frisé brun, à la blouse bleue
A l’accent algérien… épicier rebeu.

Il vend de tout, et à toute heure
Des clopes, des fruits, d’l’alcool et du porc
J’l’aime bien, il est sympa… même s’il me vend des fois
Le pâté “Olida” au prix du meilleur foie gras.

Félix l’épicier d’en face, fait la grimace
“Qu’est-ce qu’il fout ici ?
Qu’il retourne dans son pays
C’est voleur et compagnie
C’est comme ça en bougnoulie !”

Ali s’en fout, il gagne plus d’argent
Même madame Baro du 5e, là bas, vient chez lui maintenant.
Certains contiennent leur colère, seulement le tolèrent
Car il est toujours ouvert, même quand Félix à tiré son rideau de fer.

Ali regrette qu’on le confonde avec
Les barbares à barbe à la haine vagabonde
Est-ce que tous les suisses fabriquent des pendules…
Peut-on affirmer que-tous-les-grecs-s’enc…

Félix l’épicier d’en face attire le client
On vend des produits français, nous, des produits bien d’chez nous !
Oranges d’Espagne… bien d’chez nous !
Nems et lasagnes… bien d’chez nous
Pain de campagne… bien chelou… !

Quelqu’un a brûlé l’épicerie d’Ali
Félix, bien sûr, a un alibi
Il se réjouit et se frotte les mains
“Sans Ali, je vais faire fortune, c’est certain !”

A la place d’Ali, on voit de loin
Un grand carrefour : 60 magasins…
Félix l’a dans l’cul, il a plus d’client
“Mais bordel, carrefour, c’est français !… Pourtant.”

Félix maintenant, regrette son vieux concurrent
Il a compris, mais trop tard, que l’ennemi, c’est pas Ali
Mais les grands qui mangent les petits
Les grands qui mangent les petits
Petits comme Ali… et petits comme lui : tant pis pour lui !

 

Tout Va Bien

Boule Quies, fric et vague à l’âme pour rien
Cholestérol, mais défilé d’ mannequins
L’existence en peau de chagrin
Au son des karaokés, on se soutient
Barbecue, lacrymo, survêtement
Couleur des yeux, taille, poids déterminant
La joie en supplément
La détresse et le chagrin payables comptant.

Roulez jeunesse, la vie n’est qu’une kermesse
Il faudra que cela cesse, mais rien ne presse
Car tout va bien, tout va bien…

Quinte de toux pour les vieux supermans
Quête de toux pour les jeunes pyromanes
Pilotes de courses hystériques
Carambolages historiques, mais pas de panique
Disneyland, amour, joie de vivre… c’est louche
Revolver, barillet et cartouches. Tout va à vau-l’eau
Même la calotte s’ mèle de capote, ces vieux puceaux.

Roulez jeunesse, la vie n’est qu’une kermesse
Héritiers de Damoclès, il faudra bien qu’on serre les fesses
Mais tout va bien…

Ils nous préparent la prochaine surboum
Bienvenue à tous dans le sanglant cartoon !
Notre bon vieux navire
Ne deviendra que l’Titanic ou le Bounty
Crack boursier, société en faillite
Pourriture que nos sociétés suscitent. Malgré les points de suture
Même si la foi se régénère les plaies suppurent.

Roulez jeunesse, la vie n’est qu’une kermesse
Allumez vos feux de détresse et soyez dimanche à la messe
Car tout va bien, tout va bien.

 

Le chien

Le chien s’est redressé, comme fou, quand l’homme a enfilé sa veste
Il a sauté, renversé presque tout, quand l’homme a secoué la laisse.
La femme est restée dans la cuisine, faisant semblant de nourrir la gamine
L’homme a dit “à ce soir”… Le chien pouvait pas savoir.
Pourtant le chien s’est dit “bizarre, c’est pas le trajet ordinaire…
C’est con, mais on pourrait croire qu’on va chez le vétérinaire !”.

Il y a les bons et les méchants, qui se confondent un peu, de temps en temps

Y’a les “nous” et y’a les autres, et y’a les chiens…

L’homme regardait droit devant lui
Il repensait quand le chien était petit
Bien avant son mariage, son enfant…
Tout le remue-ménage.
Les banquettes de la voiture… bectées !
Les chaussures à 100 sacs… baisées !
Les dimanches en forêt, le freesbee, le chien qui se barrait…
Il passait sa journée à le chercher.
Le chien était devenu vieux et méchant
Il boitait un p’tit peu et il grognait tout l’temps
“Pas question de s’en séparer !” disait l’homme fermement
“C’est mon chien fidèle !” seulement…

Il y a les bons et les méchants, qui se confondent un peu, de temps en temps
Y’a les “nous” et y’a les autres, et y’a les chiens…

“Qu’est-ce qu’il t’as pris pépère, j’ai rien dit quand t’as mordu la voisine
Cette fois, j’ai rien pu faire, fallait pas t’en prendre à la gamine.
“Et me regarde pas comme ça !” aboyait l’homme. Les passants ne comprenaient pas
Le chien était surpris aussi, il avait même pas fait de conneries, aujourd’hui…
Le chien a compris, trop tard… en voyant la silhouette blanche du véto
Et, dans son regard, il n’y avait que de l’affection pour son bourreau.

Il y a les bons et les méchants, qui se confondent un peu… un peu tout l’temps

Y’a les “nous” et y’a les autres, et y’a les chiens… condamnés par nos soins.

 

Advienne que pourra

La nature, je le constate, a des filles préférées
T’es faite comme un complot, un colis piégé
Insouciante gamine, bombardée canon
Le soleil qui t’illumine choisit ses plus beaux rayons.

Elle est pas belle la vie
Advienne que pourra, Inch’ Allah Youpi !

Encore toute étourdie par le reflet gracieux
Que te renvoient, le soir, les miroirs amoureux…
Et quand les courtisanes t’en veulent ou t’envient
Nous deux on s’envole sous les draps en tipi.
Les talons en piédestal… et les trottoirs en estrades
Moi, fier comme un paon, à ton bras je parade…
T’es comme un pêché mortel, bonne comme une pâtisserie
C’est pourquoi je dis “adieu” aux filles qui font tapisserie.
Même si la vie c’est moche
Comme une rentrée des classes, une saison de la chasse
Même si la vie c’est moche
Comme une génuflexion, une extrême onction.
La vie, c’est joli aussi
Comme un 14 juillet et des vacances au ski
La vie c’est joli aussi
Comme un p’tit animal et un bateau à voile
La vie, c’est joli aussi
Comme une fille toute nue dans un lit…

 

Le 115

On a passé la nuit à jouer au poker
Vider des cendriers et des canettes de bières
J’ai perdu 1000 $ en jetons nacrés
Cette fois y’en a marre, Kamel doit tricher.
Puis Patchol m’a emmené dans une boite à la mode
“Soirée privée!” Je suis rentré à pied
Faut pas traiter les videurs de pédale, j’ai l’épaule droite déboîtée
Tu vois ça va, avec ou sans toi, je refais ma vie… Tant pis !

Sami a préparé des accras de morue au gout de gésier
J’ai bien fait de pas manger !
Le voisin du dessous n’aime pas le sport
Il ne veut plus qu’on joue à la pétanque la nuit.
J’ai vu Patrick et Seb, on a parlé de toi
J’ai fait celui qui s’en fout
Quand les larmes sont montées, ils ont regardé ailleurs
Genre on a rien vu du tout
Tu vois ça va, avec ou sans toi, je refais ma vie… Tant pis!

C’est pas facile de faire semblant
Sourire sur les photos, pleurer entre temps
C’est dur de faire bonne figure partout
Comme ceux qui font… Celui que s’en fout.

J’ai bouffé chez des gens qui parlaient d’Internet
D’Au-delà du réel, de Nova magazine..
J’ai renoncé à pister une espèce de conne
Qui trouve “hyper fin de siècle” mon mauvais caractère !
Olivier et Sylvie vont avoir un gosse
Qu’on a célébré en polyphonies corses
A quatre heures du matin, les flics on insisté
Pour qu’on les suive au poste…
Tu vois ça va, avec ou sans toi, je refais ma vie… Tant pis!

Je ne serai pas de ceux qui se lamentent pour une demoiselle
Cajolant leur chagrin qu’ils prétendent éternel
Pour les beaux yeux d’un jolie salope
Ils ne se mouchent plus, ils écopent !
Le mot bourreau n’a pas de féminin…
Comment nommer les femmes cruelles?
J’ai bien pétasse, morue et charogne…
Mais ça rime pas terrible
Tu vois ça va, qu’est-ce que tu crois, je refais ma vie… Youpi !

 

Mélanie Patterson

Ecoutez l’aventure

D’une petite hirondelle victime de vertige
C’est l’histoire absurde, mais véridique
d’un oiseau névrosé, privé de voltige.
Tous les psychiatres s’interrogeaient…
Car elle ne décollait jamais
Pour quelle raison, pour quel secret ?
Mélanie Patterson, elle s’appelait.
Il y avait eu des cas presque identiques
Lion végétarien, chien qui miaulait !
Et au fond de l’océan Arctique
Une baleine retrouvée noyée.
Les mots “looping”, “rase-mottes” et “piqué”
Lui faisaient perdre connaissance
Parachute ou pas, impossible de voler
Elle devait marcher, cruelle sentence.

Mais le pire reste à venir…
Car venant septembre, pour l’Afrique
Les hirondelles durent partir
L’abandonnant à son destin tragique.
Et ce fût la descente aux enfers
Désespérée, elle sombra dans l’alcool…
Abandonnée, sans père ni mère
On dit même qu’elle sniffa d’la colle…
Après une cuite monumentale
Elle décida de les rejoindre
Elle était peut-être anormale
Mais elle verrait l’Afrique avant de s’éteindre.

Elle prit ses disques des Bangles
Son couteau suisse et ses chaussures
Elle mit son badge “Say no to drugs”
Et partit pour l’aventure.
Non stop, pendant de longs jours
Elles fonça, tailla la route
Elle ne s’arrêtait que pour
Manger, et réparer son scoot.
Emprisonnée au Tchad, elle s’évada…
Dépouillée au Zaïre par des matelots
Le Zambèze en pirogue jusqu’au Botswana
Elle ne dût sa survie qu’à sa lacrymo.
Imaginez son désespoir
Lorsqu’ arrivée à destination
Malheur il était trop tard…
C’était le printemps, le voyage fût trop long !
Le campement déserté
Les hirondelles avaient fait demi-tour
Papiers gras, sacs poubelle éventrés
Mélanie décida de mettre fin à ses jours.

Mais les contes ne se terminent jamais mal
Les enfants sont formels
Je dois trouver, moi aussi, c’est normal
Une fin plus traditionnelle.
Alors voilà la phrase habituelle…
Mélanie rencontra le prince charmant :
Monsieur Rico l’éléphant !
Ils vécurent heureux et eurent de nombreux enfants…
Moitié hirondelle, moitié éléphant
Je vois dis pas la gueule des enfants !…

 

Cannibale

Dans les maternelles

Les néophytes, le nez aux fenêtres
Adulent les adultes
et se languissent du jour où…
Ils seront de grandes personnes
Tout comme nous : d’illustres inconnus/ Quand enfin la cloche sonne
ils se confient dans la cour
Ce qu’ils deviendront un jour.

Ne croyez pas ce qu’on vous dit
Sur nous, sur tout et sur la vie
Faites demi-tour, et vite, avant que le temps qui passe, cannibale
Ne vous dévore tout cru
Le coeur et les entrailles, les cheveux, les amygdales
Le crâne et le rectum, ça fait mal.
N’écoutez pas les hauts parleurs
Refusez de devenir majeurs
Minables, désolants, lamentables, pitoyables et miteux… mais stables
Refusez la soupe, boudez nos conseils/ Evitez coûte que coûte de grandir pareil.

Vous espérez sûrement
Sauver la veuve et l’orphelin
Devenir pilote de formule 1
Aventuriers ou magiciens.
Mais vous ramperez comme nous
Pour un petit bout de rien du tout
Evitez l’âge où tout dérape
et reculez même à quatre pattes
Déjà les années vous rattrapent !

Ne passez surtout pas votre vie à graver sur la pierre tombale
Votre ennui, vos envies : triste épitaphe somme tout banale
Vos espoir dissipés, sous terre d’ici peu
Fermez les yeux et faites le voeu de ne jamais devenir vieux.

 

Les ricochets

On allait en forêt au lac faire des ricochets

tu trouvais super qu’elles coulent pas les pierres
oui mais voila un peu plus tard, un peu plus tot
tous les cailloux finissent au fond de l’eau.
Même les supers gallets,
bien ronds, bien plats, les faits exprès
aucun n’arrivent à rejoindre l’autre rive.

Certains sont vantés d’ l’avoir lancé d’ l’autre coté
mais ils avaient trichés le lac était gelé.
alors toi, qui n’avait qu’un pavé,
il a fait quelques rebonds, et t’as coulé.
Pour pas qu’elle coule ta pierre
l’aurait fallu lui mettre une bouée
ou que j’t’apprenne a lancé
mais j’ m’occupais trop de mon gallet.

Déjà enfant, ton cartable, quand tu l’oubliais pas, cachais mal le dossard
les tennis le samedi et les vacances au ski, assidu disaient les proffeseurs
t’avait tout pour réussir.
J’y suis pour rien, j’étais pas là, j’ai un alibi et même des temoins
y a qu’une victime, pas de coupable, sauf la poutre du grenier
et le reste, tout le reste
et ceux qui restent…

Maintenant je sais que les fantômes existent
et ils sont pas méchants ils sont justes un peu tristes
ils veillent sur ceux qui les aimaient
eh ben les fantômes ils sont pas rancuniers.

Le lac de la forêt maintenant est comblé d’ordure
y a comme une titine mais c’est le capot d’une voiture
plus d’ ricochets, plus de gosses
seulement des souvenirs et l’ tétanos.

Maintenant je sais que les fantômes existent
contre l’amnésie ils résistent
ils veillent sur ceux qui les aimaient
surtout la nuit
pour qu’on repose en paix.

 

La valse

Elle a mis le temps, la valse, à rédiger la préface

Où l’alchimie éphémère, du désir opère.
Elle à mis le temps, la valse, pour que tu me regardes
Et qu’enfin, tu acceptes la joyeuse galipette.

Elle a mis le temps, la valse, pour que tu me dises “oui
J’ai dû en faire des grimaces, avant que tu viennes dans mon lit !
Elle a mis le temps, la valse, à vouloir trop en faire
Pour souligner la farce de notre histoire ordinaire.

Elle a mis le temps, la valse, pour que tu me voies tel que je suis
Et pour que tu en déduises des conclusions qui me nuisent…
Elle a mis le temps, la valse, tu n’étais qu’une métaphore
J’ai vu ton vrai visage, bien après ton joli corps.
Elle a mis le temps, la valse, à réduire les amants
A des ombres sans vie, qui dansent au son de l’ennui.
Elle a mis le temps, la valse, à pourrir les sentiments

 

titre cache

Viens dans ma roulotte …

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